Faisant suite à la conférence de Jean-Pierre Montier sur le «tir photographique et l'art sans l'art» d'Henri Cartier-Bresson, ainsi qu'à la performance «Continuum» du sculpteur sonore Antez sur l'accord musical et «alchimique» de l'artiste et de l'espace, Eric Hurtado, artiste-photographe et enseignant à l'ÉSAD•Grenoble, propose, dans le cadre de son Atelier Recherche et Création, une conférence dialoguée entre lui-même et Aurélien Barrau, astrophysicien chercheur et professeur à l'Université Grenoble Alpes.
— L'image photographique n'enregistre pas, mais réalise le réel. Cadrer n'est pas «encadrer» un sujet qui préexiste (et donc par «l'encadrement», le magnifier, dans un effet de composition). Cadrer, composer par le cadre, c'est réaliser une image et faire émerger un sujet par le regard (déterminé par un «point de vue»). Le sujet est «réalisé», c'est donc à une réification du monde que nous assistons par la photographie. L'image permet de rendre visible la réalité du «monde-conscience». Je ne dis pas «conscience du monde» mais «réalisation du monde» par notre conscience. Réaliser, c'est créer le monde par notre conscience, le faire naître à notre conscience et donc, réaliser son existence. —
Eric Hurtado